J’aime tant lorsque ma sœur descend de sa capitale pour passer le weekend avec nous.
Mais je déteste la voir repartir, sac au dos, vers cette ville que je ne lui connais pas vraiment.
La vie ne nous a pas fait de cadeau mais elle nous a offert cet amour incandescent que l’on partage l’une pour l’autre.
Ma sœur, plus que n’importe qui d’autre est mon pilier, ma ligne d’horizon, mon point fixe.
Comment raconter cette relation si particulière qui est au centre de ma vie.
Mon mari, mes enfants, mes amies le savent ; ma sœur c’est fusionnel ; celui qui l’attaque je le défonce, celui qui essaie de se mettre au travers de notre route, je l’écrase comme une mouche d’un revers de la main.
Et que personne n’essaie de psychologiser tout ça.
On a 20 ans de psys à nous deux.
Alors oui, on le sait,
on est surement trop fusionnelles,
oui, il faudrait peut être se détacher de temps en temps,
mais il n’en est pas question.
Ma sœur c’est mon sang, c’est mes tripes, c’est ma rage, c’est ma fierté, c’est l’essentiel de mes inquiétudes, c’est la raison de mon bonheur.
A certains moments de notre vie, cet amour a été un véritable poison l’une pour l’autre, et il se transformait alors en haine.
Parce qu’il nous est insupportable de voir souffrir l’autre, plus que de souffrir soi même;
alors on exige que notre sœur trouve le chemin de sa vérité pour ne pas nous appesantir.
Cette relation exceptionnelle nous rend extrêmement exigeantes avec nos amis respectifs.
S’ils ne comprennent pas dans un battement de cils que l’on a besoin de mots doux, d’être poussée dans un autre sens, d’être secouée, d’être écoutée et soutenue sans retenue en toute partialité.
Alors on leur raccroche au nez et on s’appelle sachant pertinemment que l’on trouvera tout ce dont on a besoin pour repartir chacune à un bout du fil. Les amis ont perdu d’avance.
Cette fusion se rapproche de ce que vive les jumeaux, on ne différencie pas nos voix, on a exactement les mêmes expressions, lorsque je sors mon téléphone pour l’appeler je me rends compte qu’il vibre déjà et que c’est elle, si elle vit une épreuve difficile je le sens et je le sais avant même qu’elle ne me le dise.
Et pourtant on est si différentes, complètement différentes et c’est surement cela qui fait la richesse de nos échanges.
Jamais dans ma vie je ne me suis sentie complètement seule, je suis deux, elle et moi.
Il y a quand même certaines choses que l’on ne se dit pas, pas tout de suite en tout cas; parce qu’on ne se ment jamais et que l’on se connait par cœur. Parce que l’on veut se protéger de certaines vérités.
Parce que nos vies ne sont pas les mêmes et que l’on a besoin de se préserver de tous petits jardins secrets.
J’ai deux filles qui ont exactement le même écart que ma sœur et moi mais je n’arrive pas à imaginer qu’un jour elles partageront autant d’amour, cela me paraît impossible.
Comme si nos berceaux avaient été touchés par la grâce et que les probabilités qu’un tel miracle se reproduise dans une même famille est trop faible.
Ma petite Luna lui ressemble comme deux gouttes d’eau au même âge et je me dis qu’elle a beaucoup de chance parce qu’elle deviendra à son tour la plus belle femme de la terre.
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J’ai la chance d’être témoin de votre relation depuis 20 ans et je suis encore à chaque fois émue et même envieuse de ce lien si fort entre vous. La petite bulle qui vous entoure est impénétrable et vous donnez tellement de sens au mot « sœur » que tes filles sont très certainement en train de se tricoter un cocon identique ! Les chanceuses…
Moi qui ai toujours regretté de ne pas avoir de sœur… tu en rajoutes une couche, là
J’ai moi aussi une soeur mais jumelle. Et personne d’autre qu’elle ne me connait mieux. On peux vivre loin de l’une de l’autre sans soucis mais on s’appelle toujours pour un oui ou pour un non, même pour n’avoir rien à raconter. C’est la première personne sur qui je compte en cas de besoin. Et c’est vrai que savoir qu’elle est là fait que je peux tout affronter car le soutien est là en cas de besoin. Par contre si on passe trop de temps ensemble, même qlques jours suffisent, on se tape sur les nerfs et s’engueule au moindre truc.
Mais dès qu’on se quitte, on se manque.
Ma relation avec ma sœur n’est pas aussi fusionnelle, elle a même été parfois distante… on s’est vraiment trouvé quand elle a quitté le nid familial. C’était incroyable on s’est aperçu qu’on se manquait … mais alors si on se manquait ça voulait peut-être dire qu’on s’aimait ??!!
))
)… pourtant il lui arrive de me dire le contraire. Mais chez moi ça reste ancré que c’est elle l’ainée.
Ce que j’aime dans la relation qu’on partage c’est que quoiqu’il arrive elle est là… et dans les épreuves qu’on traverse on se comprend car on a une base de vie commune… elle sait d’où je viens, et du coup elle comprend mon parcours. Et inversement…
Mais n’empêche c’est dingue malgré les années qui passent… je me sens toujours la petite sœur et je garde toujours ce sentiment de n’être pas vraiment à sa hauteur (et pas que physiquement
ps : ce soir y a une émission sur les jumeaux je crois sur la 3.